Sainte-Félicité

Anciennement Pointe au Massacre

Le fleuve Saint-Laurent, en tant que voie navigable majeure, a joué un rôle important dans l’histoire de cette paroisse. Le nom de Sainte-Félicité — anciennement connu sous le nom de Pointe-au-Massacre — évoque les naufrages qui se sont produits sur ce promontoire s’avançant dans la mer, ainsi que l’installation de ses habitants. En effet, le fleuve Saint-Laurent a été, et continue d’être, au cœur du développement de la région.

Un petit retour en arrière s’impose. En 1867, la Confédération canadienne a confirmé la compétence du Québec sur le territoire du Bas-Canada, lui permettant ainsi de prendre en charge l’éducation, la culture et le droit civil français. Sur les plans économique et social, le secteur agricole avait besoin d’un nouveau souffle. De 1760 à 1870, la population du Québec a doublé tous les 25 ans. Cette croissance a nécessité une nouvelle expansion du territoire.

Un petit retour en arrière s’impose. En 1867, la Confédération canadienne a confirmé la compétence du Québec sur le territoire du Bas-Canada, lui permettant ainsi de prendre en charge l’éducation, la culture et le droit civil français. Sur les plans économique et social, le secteur agricole avait besoin d’un nouveau souffle. De 1760 à 1870, la population du Québec a doublé tous les 25 ans. Cette croissance a nécessité une nouvelle expansion du territoire.

Les activités économiques

Moulin à farine de Frédéric Ouellet construit vers 1845 auquel fut ajouté un moulin à scie plusieurs années plus tard. Ce moulin sera vendu à Camille Rivard vers 1883.

À cause des saisons courtes, les activités liées à l’agriculture, la coupe de bois et la pêche alternent. Les routes terrestres sont peu développées. Ce sont les habitants du nouveau rang qui construisent les chemins. Comme la commercialisation du bois et de l’agriculture exige un bon réseau de communication, le transport par eau joue donc un rôle fort important dans les échanges économiques d’où la venue du quai et son prolongement en 1937 qui augmenteront sa capacité à recevoir les goélettes.

En raison de l’immensité du territoire pouvant être occupé, le défrichement de nouvelles terres est favorisé. L’Église catholique permettra ce développement en nommant des missionnaires colonisateurs. Le premier véritable missionnaire de Sainte-Félicité sera l’abbé Esdras Rousseau. Difficile avant 1870, la production agricole se développe autour du blé, de la pomme de terre et de l’avoine. Le sol est fertile, mais les contraintes climatiques liées à la courte saison estivale limitent la production. Le secteur laitier prend de l’expansion et une nouvelle opportunité apparaît : la fabrication du beurre.

Ainsi le revenu des ménages est pluridimensionnel, l’agriculture, l’élevage animalier, l’exploitation du bois et la production laitière se côtoyant.

Quelle Pointe

Pointe au Massacre, village de Sainte-Félicité

En 1856, une mission est établie. C’est alors qu’une chicane s’amorce pour déterminer l’emplacement de la chapelle : la Longue Pointe ou la Pointe au Massacre? Avec l’agrandissement du territoire vers l’est, Mgr Baillargeon opte pour la Pointe au Massacre qui est plus centrale. La construction de l’église suivra en 1881 avec des restaurations au fil des ans.

Quelle pointe

Première église construite en 1881.

Érigée officiellement le 1er janvier 1866, la municipalité de Sainte-Félicité aura comme premier maire François Turcotte. Le 15 janvier 1866, les membres du conseil de la municipalité sont nommés, mais il faudra attendre le 25 juin 1870 pour que l’érection civile de la paroisse de Sainte-Félicité soit reconnue officiellement par le conseil des ministres.

En 1880, le territoire rattaché à Sainte-Félicité était très vaste, comprenant une partie de la seigneurie de Matane, une partie des cantons de Saint-Denis et de Cherbourg. En 1933, Sainte-Félicité perd une partie de son territoire lorsque Saint-Adelme se sépare. Grosses-Roches fait de même en 1939. Le même scénario se répète en 1945 avec une partie de Saint-Victor de Petit-Matane et en 1947 avec Saint-Jean-de-Cherbourg.

Départs nombreux vers les États et dépression de 1929

L'économie mondiale a connu d'importantes crises économiques entre les années 1873 à 1878 et entre les années 1891 à 1896. Pendant ces périodes, l'exode de familles de la région vers les États s'est d'abord amorcé, puis a connu une expansion majeure, un exode grandement facilité par l'arrivée du chemin de fer dans la région en 1875. Nombreuses sont les familles parties faire fortune aux États suite à la dépression (crise économique). Le travail dans les filatures et fabriques de caisses en bois était en forte demande et à la portée de tous, femmes, enfants et pères de famille. Heureusement, plusieurs familles seront de retour après quelques années de travail et une meilleure situation financière.

La crise économique de 1929 aura mis sur pause le projet d’usine de papier à Baie-Comeau. En 1936, Charles Normand, un entrepreneur de la paroisse, se rend à Baie-Comeau pour déboiser le site du moulin de la Québec North Shore Paper Company. Par la suite, il entreprend la coupe de bois sur le chemin du Lac à la Loutre (Rivière-aux-Outardes). Il emploie beaucoup de pères de famille de la région ainsi que leurs fils qui s’exilent dans les chantiers en hiver.

Incendie de l’église et reconstruction

Incendie de l’église le 28 avril 1947.

Le 28 avril 1947, l’église sera la proie des flammes. On réussira à sauver ornements et vases sacrés. L’incendie aurait été causé par le chauffage central.

Construction de la nouvelle église en pierre.

On débutera par la construction du sous-sol de la nouvelle église en 1948. Ce sous-sol servira de sanctuaire provisoire jusqu’en 1957. L’église sera prête pour la messe de minuit de 1957.

Les écoles

Construction de la nouvelle église en pierre.

Il est difficile de trouver les informations qui nous permettraient avec certitude de répertorier les dates du début des écoles à Sainte-Félicité. Au Québec, en 1855, les bases du système scolaire sont jetées. Plus tard, les gouvernements cèdent la responsabilité du système scolaire à l’Église catholique. En 1864, il semblerait qu’un salaire ait été versé à une institutrice. Souvent, ce sont de jeunes filles qui sont engagées pour enseigner à un salaire de 66 à 72 dollars par an. En 1874, le territoire compte quatre écoles. En 1885, c’est l’ouverture de l’école modèle. Voulant la centralisation de l’enseignement au village, on construira le couvent en 1946, l’école Saint-Joseph (Sirois) en 1951 et l’école Gagnon en 1956.

Au cours de la décennie 1970, les commissions scolaires locales subissent de grands changements à la suite de l'adoption de la loi 27 par le gouvernement du Québec qui souhaite les réformer. La hiérarchie catholique perd de ses pouvoirs dans le domaine de l'enseignement. L'éducation devient affaire d'État. En 1972, la Commission scolaire de Sainte-Félicité est fusionnée à la Commission scolaire de Matane pour l'enseignement du primaire, tandis que l'enseignement secondaire l’est à la Commission scolaire régionale des Monts. Puis, en 1983, les deux commissions scolaires sont fusionnées en une seule, la Commission scolaire de Matane.

Les écoles

Construction de la nouvelle église en pierre.

Les fusions marquent le début du déclin des écoles des villages. Certains villages perdront leurs écoles. Sainte-Félicité réussit à garder les siennes, mais leurs locaux sont désuets et nécessitent des réparations et une restructuration. En 1989, des travaux sont donc entrepris au coût de 1,2 million de dollars. Le couvent du Saint-Rosaire (où habitent les sœurs du Saint-Rosaire) est vendu pour être déménagé de l'autre côté du boulevard Perron. On y aménagera un logement pour les sœurs, le bureau municipal du village et des locaux pour le Cercle de Fermières. L'école Sirois, surnommée l'école du milieu, est déplacée (sa fondation servira à la construction du gymnase) et est dorénavant reliée à l'école Gagnon où sont regroupés les services administratifs.

La baisse démographique des villages amènera d'autres changements. Une autre fusion de commissions scolaires aura lieu : celle de Matane avec celle de la Matapédia, qui devient, en 1998, la Commission scolaire des Monts-et-Marées. Enfin, dans les années 2000, Sainte-Félicité perd son enseignement secondaire. Finalement, après un demi-siècle de fusion, les commissions scolaires disparaîtront à leur tour pour une nouvelle réforme scolaire, que nous espérons aujourd'hui pour le mieux.

Les loisirs

En 1940 est fondée L’Association sportive de Sainte-Félicité, qui deviendra l’Œuvre des terrains de jeux (OTJ). En 1972, le déplacement de la patinoire qui était située près du presbytère sera localisé sur un terrain en face de la rue Veilleux. On ajoutera un terrain de tennis, de balle molle et un bâtiment que l’on agrandira avec le temps. Après la dissolution de l’OTJ, les municipalités du village et de la paroisse s’associent dans le but de construire un nouveau bâtiment. Le bâtiment sera déménagé à l’été 1994 et hébergera des salles de joueurs, une arcade, une cuisine et une salle qui portera le nom d’Alphonse-Simard, conseiller décédé peu avant la réalisation du projet. Quelques années plus tard, on rajoutera une bibliothèque et le centre d’accès internet Félicinet. Le centre sportif, qui devient le centre communautaire, sert à de nombreuses activités, dont la pétanque, des cours de toutes sortes et des activités sportives.

Au fil du temps, les activités sont de mieux en mieux encadrées, ce qui donne des résultats intéressants. Mentionnons les exploits de Marie-Andrée Lévesque en tennis de table (notamment une médaille de bronze au championnat d’Amérique du Nord, double féminin) et à Roger Caron au tir à la carabine (participation aux Jeux olympiques de Sydney).

Démolition du quai

Quai de Sainte-Félicité.

Le conseil municipal fit de nombreuses demandes au gouvernement fédéral pour pouvoir réparer son quai. De plus, selon le maire de l’époque, Raymond Desjardins, le quai était un attrait touristique indéniable, un abri sécuritaire pour les pêcheurs et un bras de sécurité pour contrer les fortes vagues. Le désir du gouvernement étant d'éliminer les petits ports au profit des plus gros, il ne donna qu'une seule réponse : la démolition du quai. Elle fut donc entreprise en 1970 sans qu’on ait pris soin de consolider le bord de la rive, ce qui mit en danger certaines maisons et risquait d'attaquer une partie du réseau routier. Après sa démolition, un mur fut finalement réalisé.

Une tragédie inoubliable

Plusieurs événements tragiques sont survenus à Sainte-Félicité. On n’a qu’à penser aux accidents dans la courbe du criard et du Cap-à-la-Baleine et aux noyades. Mais une des tragédies est inoubliable, même si cela s’est passé sur la Côte-Nord : la noyade des 12 bûcherons, dont six originaires de Sainte-Félicité. Plusieurs d’entre eux étaient mariés et avaient des enfants. Ces travailleurs étaient à l’emploi du sous-traitant Damien Fortin de Matane et faisaient le déboisement pour une ligne électrique d’Hydro-Québec au nord de Godbout. Un camp avait été établi et c’est de là qu’ils sont partis pour retourner passer quelques jours dans leur famille. C’est en arrivant au lac Achigan que le drame a eu lieu. Une chaloupe en aluminium les attendait. Elle avait une capacité d’environ quatre à cinq personnes avec leurs bagages. On ne saura jamais pourquoi, mais les 12 ont décidé d’embarquer. À peine partis, ils ont chaviré à environ 150 pieds du bord. Ils n’ont même pas eu le temps de démarrer le moteur. Pourtant, plusieurs d’entre eux étaient de bons nageurs, mais personne n’a pu regagner la rive. Les corps furent repêchés et le mercredi 4 novembre 1970 eurent lieu les funérailles de Michel Bergeron, Gaétan Couture et des quatre frères Deroy : Eddy, Gilles, Mario et Wilbrod.

La municipalité du Village

Le 18 décembre 1954 est la date de création de la Municipalité du village de Sainte-Félicité. Il y aura donc, dorénavant, deux municipalités, le village et la paroisse, et deux administrations, d'où la nécessaire réorganisation des services d'approvisionnement en eau potable et sur le service d’incendie. C’est par la construction d’un barrage en 1960 que l’eau sera emmagasinée. On profitera de la mise en place d’un réseau de distribution d’eau potable pour faire de même pour les eaux usées. Plus tard, des infrastructures d’assainissement des eaux usées seront construites. En 1991, la municipalité du village entreprend la construction de bâtiments qui regroupent le bureau municipal et le service des incendies.

En 1995, les municipalités du village et de la paroisse amorcent des démarches pour fusionner, ce qui sera fait en janvier 1996. Une nouvelle fusion a ensuite plané sur la municipalité dans la vague des fusions au Québec, mais celle de Sainte-Félicité avec la Ville de Matane n’a pas eu lieu.

La municipalité de Sainte-Félicité a connu, depuis les dernières décennies, un déclin de sa population d’environ 600 personnes. La population est passée de 1 612 habitants en 1971 à 1 065 en 2016.

Une montgolfière chez Rosaire

Kitty Hawk, la montgolfière des Américains Maxie Anderson et de son fils Chris sur le terrain de Rosaire Plourde.

Il est difficile de trouver les informations qui nous permettraient avec certitude de répertorier les dates du début des écoles à Sainte-Félicité. Au Québec, en 1855, les bases du système scolaire sont jetées. Plus tard, les gouvernements cèdent la responsabilité du système scolaire à l’Église catholique. En 1864, il semblerait qu’un salaire ait été versé à une institutrice. Souvent, ce sont de jeunes filles qui sont engagées pour enseigner à un salaire de 66 à 72 dollars par an. En 1874, le territoire compte quatre écoles. En 1885, c’est l’ouverture de l’école modèle. Voulant la centralisation de l’enseignement au village, on construira le couvent en 1946, l’école Saint-Joseph (Sirois) en 1951 et l’école Gagnon en 1956.

Au cours de la décennie 1970, les commissions scolaires locales subissent de grands changements à la suite de l'adoption de la loi 27 par le gouvernement du Québec qui souhaite les réformer. La hiérarchie catholique perd de ses pouvoirs dans le domaine de l'enseignement. L'éducation devient affaire d'État. En 1972, la Commission scolaire de Sainte-Félicité est fusionnée à la Commission scolaire de Matane pour l'enseignement du primaire, tandis que l'enseignement secondaire l’est à la Commission scolaire régionale des Monts. Puis, en 1983, les deux commissions scolaires sont fusionnées en une seule, la Commission scolaire de Matane.

Série Bombardier

La Série Bombardier

En mars 1991, le magasin général d’Adolphe Otis a connu une seconde vie, le temps du tournage de la série Bombardier. Après les travaux pour ajouter une salle de billard et dissimuler fils et poteau électrique ont débuté les scènes de la série alors que Joseph-Armand Bombardier était adolescent. Bien entendu, la neige était au rendez-vous.

La scierie R. Desjardins (2000)

Scierie Raymond Desjardins acquise de Joseph-Arthur Saint-Pierre

La Scierie R. Desjardins, qui était la plus vieille industrie de la municipalité, s’est associée en 1999 avec la Société d'exploitation des ressources (SER) des Monts. Elle sera la victime des droits compensatoires de 27,2 % imposés par les États-Unis. Fermée à la mi-juin 2003 et par la suite vendue à la SER de la vallée (Multi-Bois) elle ne sera jamais rouverte. Ce fut un employeur important à Sainte-Félicité, autant en usine que dans les chantiers.

Culture

Les domaines de la littérature, du théâtre et de la musique rayonnent à Sainte-Félicité. Sergine Desjardins, écrivaine, romancière et essayiste née au Cap-à-la-Baleine a rédigé plusieurs articles pour divers journaux et magazines et écrit des romans historiques qui ont mérité des récompenses. Viateur Lefrançois, natif de Sainte-Félicité, est un auteur de littérature jeunesse très apprécié de milliers de lecteurs. Il y a également Véronique Gagné qui a donné vie au célèbre clown Atchoum. Chanteuse rockeuse jeunesse, sa popularité ne cesse de grandir.

Enfin, la chanteuse Isabelle Boulay fait la gloire de Sainte-Félicité. Depuis qu'elle a remporté les prix d’interprète et celui du public de Petite-Vallée en 1990, de nombreuses reconnaissances lui ont été octroyées. Artiste internationale, elle fait rayonner la Matanie. Sainte-Félicité lui a rendu hommage en nommant un parc en son nom.

Conclusion

L’élargissement du fleuve s’accentue vis-à-vis de Sainte-Félicité et le paysage montagneux se fond dans le fleuve en raison de ce panorama, Sainte-Félicité peut être vue géographiquement comme la porte d’entrée de la Gaspésie.

N’eût été la pandémie de la COVID-19, des fêtes auraient pu avoir lieu pour saluer l’effort de nos bâtisseurs. Mais Sainte-Félicité sait s’ajuster aux changements.

Que ce parcours historique puisse suggérer aux gens de cette municipalité de vouloir continuer de la faire croître, se développer et d’en porter bien haut la fierté d’y vivre.